Voici des articles de journaux sur l’incendie d’Oeutrange, du 6 mai 1833, pour découvrir la solidarité de nos ancêtres … nous n’avons rien inventé avec le plan ORSEC …
Article paru dans le journal « L’indépendant de la Moselle », le 13 mai 1833 :
Un violent incendie a éclaté dans la commune d’Oeutrange, le 6 de ce mois, et a détruit en partie 47 maisons avec le mobilier qu’elles renfermaient.
Les pertes sont évaluées approximativement à 102 395 fr.
Les victimes de ce malheureux événement sont au nombre de 215, la plupart sans asile, et dans l’indigence la plus absolue.
Toutes Ies maisons couvertes en tuile ont été respectées ; celles en chaume ont été , au contraire, la proie des flammes , trois seulement avaient été assurées.
Puisse un pareil exemple engager les propriétaires à renoncer aux couvertures de paille et d’esselius ou bardeaux.
Jusqu’à ce moment tout porte à croire que ce malheureux événement est l’effet d’un accident, et que la malveillance n’y est pour rien.
Nous donnerons les détails dans le 1er. Numéro.

Article annoncé qui parait le 15 mai :
Le 6 mai, entre huit et neuf heures du matin la ville de Thionville fut mise en émoi par une forte et épaisse fumée que les habitants virent s’élever de derrière la côte de Guentrange, dans la direction du nord. La gendarmerie fut envoyée dans cette direction ; en attendant son retour, M. le maire de la ville fit prévenir la compagnie des sapeurs-pompiers de se tenier prête à se rendre au premier signal sur les lieux du sinistre, s’il y en avait un. De son côté, M. le commandant de la place s’empressa de mettre un détachement de la garnison à la disposition de l’autorité civile.
Avant le retour des gendarmes, le bruit se répandit en ville, que le village d’Oeutrange était en flammes. Aussitôt le sous-préfet donna des ordres pour le départ des secours, et se rendit lui-même sur les lieux, où, en arrivant, il trouva déjà 47 maisons presqu’entièrement consumées. Peu après arrivèrent les pompes, un détachement du 9e léger. Ces secours furent aussitôt mis en action, sous la direction de M. le maire de la ville et de son 1er. adjoint; en un instant, on parvint à se rendre maître du feu et à le concentrer dans son foyer, malgré le fort vent du nord-est, qui faisait craindre un plus grand développement.
Cet incendie, dont on ne connaît pas encore la véritable cause, mais qui, d’après l’instruction que M. le juge d’instruction et le substitut du procureur du roi firent à l’instant, paraîtrait ne pouvoir être attribué à la malveillance, a réduit à la plus affreuse misère 49 familles. La rapidité du feu a été telle, que ces malheureux qui, pour la plupart, étaient occupés aux travaux de la campagne, n’ont pu sauver que ce qu’ils avaient sur le corps, le reste a été la proie des flammes : heureusement personne n’a péri. La perte est évaluée à 102 395 fr. Deux maisons seulement étaient assurées.

A la suite de ce spectacle déchirant, il a été consolant de voir la générosité avec laquelle les propriétaires des maisons préservées, se sont empressés d’accueillir leurs concitoyens malheureux. Le lendemain matin, 1600 livres de pain ont été envoyées de Thionville, pour les premiers besoins des victimes.
Une souscription a été ouverte à la mairie de Thionville. M. le sous-préfet adressa une circulaire à MM. les maires de l’arrondissement, pour les prier d’imiter l’exemple de Thionville.
Dans cette déplorable circonstance, M. Dérobe, architecte, le maire d’Oeutrange, les curés de Hettange et de Veymerange , le sieur Schweitzer, menuisier, et Varel, de Fontoy, ont pu , après bien des efforts, garantir la nouvelle maison d’école , le presbytère et l’église et ensuite le reste du village. Ils ont été bien secondés par les douaniers des brigades de Kanfen et de Volmerange dirigés par le lieutenant d’ordre Belval, accourus au premier bruit de l’incendie et notamment par le hussard Mouson, en congé à Kanfen, qui mérite une mention toute spéciale, pour son courage et les services qu’il a rendus. Il convient aussi de citer la conduite digne d’éloge de MM. Les maires de Garche, de Hettange et de M. Audry de Cattenom, qui sont accourus au secours avec des détachements de la garde nationale de leurs communes.
La conduite du détachement du 9e léger a été admirable sous le rapport de l’ordre et de l’empressement avec lesquels tous les hommes ont été utilisés; mais on doit des éloges particuliers au sergent de carabiniers Raisin, décoré, qui a donné l’exemple du plus grand dévouement. On regrette de ne pas connaître le nom du brigadier de lanciers qui s’est également distingué. Le piquet de lanciers ainsi que les brigades de gendarmerie de Roussy et de Thionville, ont bien rempli leurs devoirs.
La compagnie de sapeurs-pompiers, par son dévouement et son habileté à diriger les travaux propres à arrêter les progrès du feu, a été digne de sa réputation ; leur commandant, M. Albert, cite avec éloge le sergent Barny, les caporaux Arsant , Linck et Michel ; nous devons ajouter le nom du sapeur Fristot, qui a déjà obtenu une médaille. Tous se sont assuré la reconnaissance des habitants d’Oeutrange, de même que MM. le maire et le 1er. adjoint de la ville de Thionville, qui ont été bien secondés par M. Raulet, commis de la direction des postes.
Nous apprenons avec plaisir, que MM. les sous-officiers de la garnison de Thionville, se proposent de donner incessamment, au profit des incendiés, une représentation sur le théâtre de cette ville. Une pareille conduite de la part de militaires français, n’a rien d’étonnant.
Le conseil municipal d’Oeutrange s’est réuni dès le lendemain pour prévoir des emplacements pour parquer le bétail et des coupes de bois pour reconstruire le village …
Nos remerciements aux archives de Thionville
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